Autorisation de prélèvement : ancien formulaire ou mandat SEPA ?
2026-10-31
En rangeant les dossiers clients, vous tombez sur une pile de formulaires jaunis intitulés « Demande et autorisation de prélèvement », avec un numéro national d’émetteur à six chiffres et un RIB agrafé au dos. Certains de ces clients sont encore prélevés chaque mois. La question tombe naturellement : ces documents valent-ils encore quelque chose, et faut-il continuer à faire signer ce type de formulaire ?
L’autorisation de prélèvement était le formulaire du prélèvement national français, utilisé jusqu’en 2014. Elle a été remplacée par le mandat de prélèvement SEPA lors de la migration vers les moyens de paiement européens. Les autorisations signées avant la bascule restent valables pour les prélèvements récurrents qui continuent d’être présentés, mais tout nouveau client doit signer un mandat SEPA, avec un identifiant créancier SEPA (ICS) et une référence unique de mandat (RUM).
Cet article explique ce qui a changé entre les deux documents, dans quels cas une ancienne autorisation peut encore servir et comment construire un modèle d’autorisation au format SEPA, c’est-à-dire un mandat, sans reprendre les défauts de l’ancien formulaire.

Ce qu’était l’autorisation de prélèvement française
Avant SEPA, chaque pays avait son propre système de prélèvement. En France, le prélèvement national reposait sur un formulaire en deux volets :
- la demande de prélèvement, conservée par le créancier ;
- l’autorisation de prélèvement, que le créancier transmettait à la banque du débiteur, accompagnée d’un RIB.
Le créancier y était identifié par un numéro national d’émetteur (NNE) à six chiffres, attribué par l’intermédiaire de sa banque. Le compte du débiteur figurait sous la forme du RIB français : code banque, code guichet, numéro de compte et clé RIB. Il n’existait pas de référence propre à chaque autorisation : le rapprochement se faisait par le nom du client et son numéro de compte.
À côté de ce système, beaucoup d’entreprises utilisaient le TIP (titre interbancaire de paiement), ce coupon détachable que le client signait et renvoyait pour chaque facture. Il existe toujours sous la forme du TIP SEPA, qui vaut mandat ponctuel pour le paiement concerné.
Le règlement (UE) n° 260/2012 a fixé la fin des systèmes nationaux au 1er février 2014 pour la zone euro, avec une période de tolérance de six mois accordée ensuite par le législateur européen. En France, le prélèvement national a donc disparu en 2014 au profit du prélèvement SEPA. La Banque centrale européenne présente le cadre général de cette migration.
Autorisation de prélèvement et mandat SEPA : les différences
Sur le fond, les deux documents servent la même chose : permettre à un créancier de débiter le compte de son client. Dans la forme et dans les règles, presque tout a changé.
| Élément | Autorisation de prélèvement (avant 2014) | Mandat de prélèvement SEPA |
|---|---|---|
| Cadre | Système national français | Règlement européen et rulebooks de l’EPC |
| Identifiant du créancier | Numéro national d’émetteur (NNE), 6 chiffres | ICS, 13 caractères en France (ex. FR12ZZZ123456) |
| Référence du document | Aucune référence normalisée | RUM unique, jusqu’à 35 caractères |
| Compte du débiteur | RIB (banque, guichet, compte, clé) | IBAN |
| Qui conserve le document | Banque du débiteur pour l’autorisation | Créancier |
| Information préalable | Pas de délai normalisé | Pré-notification, 14 jours par défaut |
| Remboursement d’un prélèvement autorisé | Pas de droit général sans motif | 8 semaines sans justification (CORE) |
| Contestation d’un prélèvement non autorisé | Selon la convention de compte | 13 mois |
| Portée géographique | France uniquement | Tous les pays SEPA |
Le changement le plus important pour un service administratif est le transfert de la garde du document : avec l’autorisation, c’était la banque du débiteur qui détenait la preuve ; avec le mandat SEPA, c’est vous. En cas de contestation, c’est donc à vous de produire le mandat signé. Le second changement est l’apparition de la RUM, qui oblige à gérer un véritable registre des mandats.
Idée clé : avec le mandat SEPA, la preuve du consentement a changé de camp. Ce qui était hier rangé à la banque de votre client doit aujourd’hui être retrouvable dans vos propres archives.
Vos anciennes autorisations de prélèvement sont-elles encore valables ?
Oui, dans un cas précis. L’article 7 du règlement 260/2012 prévoit la continuité des autorisations : un consentement donné dans l’ancien système national reste valable pour les prélèvements récurrents présentés après la migration. Les clients prélevés sans interruption depuis 2014 n’ont donc pas eu à signer de nouveau document.
Cette continuité a des limites :
- Le créancier a dû informer ses débiteurs du passage au SEPA, en leur communiquant son ICS et la RUM attribuée à leur ancienne autorisation. Si cette information n’a jamais été faite, la position du créancier est fragile en cas de contestation.
- Une autorisation inutilisée pendant 36 mois est caduque, comme n’importe quel mandat SEPA. Un client qui revient après trois ans d’interruption doit signer un nouveau mandat.
- Toute nouvelle relation exige un mandat SEPA. Faire signer aujourd’hui un ancien formulaire d’autorisation de prélèvement ne crée aucun mandat valable.
Concrètement, si vous prélevez encore des clients sur la base d’autorisations antérieures à 2014, vérifiez que chacun a bien une RUM dans votre registre, que l’IBAN correspond au RIB d’origine et que le dernier prélèvement date de moins de 36 mois. Pour les clients dont vous ne retrouvez ni l’autorisation ni la trace de l’information, le plus prudent est de faire signer un mandat SEPA à la prochaine occasion (renouvellement de contrat, changement de banque).
Modèle d’autorisation de prélèvement au format SEPA
Quand un client vous demande « une autorisation de prélèvement », il attend en réalité un mandat SEPA. Votre modèle doit reprendre les mentions du rulebook de l’European Payments Council. Voici la structure à suivre, de haut en bas :
MANDAT DE PRÉLÈVEMENT SEPA
Référence unique du mandat (RUM) : ____________________
En signant ce formulaire de mandat, vous autorisez [NOM DU CRÉANCIER]
à envoyer des instructions à votre banque pour débiter votre compte,
et votre banque à débiter votre compte conformément à ces instructions.
Vous bénéficiez d'un droit à remboursement par votre banque selon les
conditions de votre convention de compte. La demande doit être présentée
dans les 8 semaines suivant le débit pour un prélèvement autorisé.
Créancier
Nom : [Raison sociale]
Adresse : [Adresse complète]
Identifiant créancier SEPA (ICS) : [FR..ZZZ......]
Débiteur
Nom du titulaire du compte : ____________________
Adresse : ____________________
IBAN : ____________________
BIC (facultatif) : ____________________
Type de paiement : [ ] Récurrent [ ] Ponctuel
Fait à : __________ Le : __________
Signature :
Chaque ligne a une fonction. L’ICS remplace l’ancien NNE ; si vous le connaissez mal, contrôlez-le avec notre vérificateur d’identifiant créancier SEPA. La RUM remplace le rapprochement « au nom du client » ; elle doit être unique et ne jamais changer, comme l’explique notre article sur la référence unique de mandat. Le paragraphe sur les droits du débiteur est imposé : ne le raccourcissez pas.
Si vous ne voulez pas partir d’une page blanche, notre article sur le mandat SEPA vierge présente un modèle PDF gratuit à remplir, prêt à imprimer.
Règle pratique : retirez de vos sites, contrats et dossiers d’accueil tous les anciens formulaires « autorisation de prélèvement ». Tant qu’ils circulent, quelqu’un finira par en faire signer un.
Cas pratiques et erreurs fréquentes
Une association qui prélève des cotisations
Un club sportif prélève les cotisations en trois fois. Les parents signent un mandat récurrent au nom du titulaire du compte, avec une ligne libre indiquant le nom de l’enfant. L’erreur classique : inscrire l’enfant comme débiteur, ou réutiliser la même RUM pour deux enfants d’une même famille alors qu’il y a deux mandats distincts.
Un abonnement à montant fixe
Une salle de sport ou un éditeur de logiciel prélève le même montant chaque mois. Un seul mandat récurrent suffit ; une pré-notification annuelle avec l’échéancier complet couvre les douze prélèvements. L’erreur classique : modifier le tarif sans prévenir le client dans le délai convenu, ce qui ouvre la voie aux remboursements.
Des montants variables entre entreprises
Un grossiste prélève ses clients professionnels selon les factures du mois. Le mandat CORE fonctionne, mais le client garde son droit au remboursement de 8 semaines. Si vous voulez l’écarter, il faut un mandat B2B, que le débiteur enregistre auprès de sa banque. L’erreur classique : appeler « B2B » un mandat CORE sans que le client l’ait fait enregistrer.
Les erreurs à éviter dans tous les cas
- garder l’ancien NNE sur un formulaire recopié ;
- laisser la RUM vide « pour la remplir plus tard » ;
- recopier un RIB sans le convertir correctement en IBAN ;
- oublier la date de signature, qui doit figurer dans chaque fichier de prélèvement ;
- ne pas suivre les mandats inactifs depuis 36 mois.

De l’autorisation au fichier de prélèvement automatisé
Une fois vos mandats à jour, il reste à les transformer en encaissements. Les banques françaises n’acceptent plus les anciens fichiers de prélèvement nationaux : elles attendent un fichier XML au format pain.008, dans lequel chaque opération reprend la RUM, la date de signature du mandat, l’IBAN du débiteur et le montant.
Si vos mandats sont recensés dans un tableur, vous n’avez pas à ressaisir chaque prélèvement dans l’interface de votre banque. GenerateSEPA convertit votre fichier Excel ou CSV en fichier pain.008.001.02 : vous associez les colonnes (RUM, IBAN, date de signature, montant) aux champs SEPA une seule fois, l’outil contrôle les IBAN puis génère le XML à déposer dans votre banque en ligne. Pour produire directement les mandats en PDF à partir du même tableau, le module optionnel de génération de mandats SEPA évite toute différence entre le document signé et le fichier envoyé.

Pour aller plus loin sur la structure du mandat lui-même, l’article sur le mandat de prélèvement SEPA et ses mentions obligatoires détaille chaque champ, et le guide du mandat SEPA donne la vue d’ensemble.
Plan d’action : passer de l’autorisation au mandat SEPA
| Étape | Ce que vous faites | Quand |
|---|---|---|
| 1. Inventorier | Lister les clients prélevés sur la base d’anciennes autorisations | Une fois |
| 2. Vérifier la continuité | RUM attribuée, information du client faite, dernier prélèvement de moins de 36 mois | Une fois, puis chaque année |
| 3. Remplacer les formulaires | Supprimer tous les modèles « autorisation de prélèvement » | Immédiatement |
| 4. Adopter le modèle SEPA | Mentions obligatoires, ICS, texte sur les droits | Pour tout nouveau client |
| 5. Tenir le registre | Une ligne par mandat : RUM, titulaire, IBAN, date, statut | En continu |
| 6. Automatiser les remises | Générer le fichier pain.008 depuis le registre | À chaque échéance |
L’autorisation de prélèvement appartient au passé, mais les dossiers qu’elle a laissés méritent un contrôle : identifiez les clients encore prélevés sur cette base, complétez leur RUM et réservez le mandat SEPA à toutes les nouvelles relations. Une fois le registre en ordre, testez la génération de vos remises avec l’essai gratuit de 7 jours sur votre propre fichier.
Questions fréquentes
- Une autorisation de prélèvement signée avant 2014 est-elle toujours valable ?
- Oui, si les prélèvements récurrents ont continué sans interruption depuis la migration au SEPA. Le règlement européen 260/2012 a maintenu la validité de ces consentements. En revanche, elle devient caduque après 36 mois sans prélèvement, et toute nouvelle relation exige un mandat SEPA.
- Quelle est la différence entre le NNE et l'ICS ?
- Le NNE était le numéro national d'émetteur à six chiffres du prélèvement français d'avant 2014. L'ICS, identifiant créancier SEPA, l'a remplacé : en France il compte 13 caractères et commence par FR. Il s'obtient par l'intermédiaire de votre banque.
- Peut-on encore utiliser un formulaire de demande de prélèvement ?
- Non, les anciens formulaires de demande et d'autorisation de prélèvement ne créent plus de mandat valable. Pour tout nouveau client, il faut faire signer un mandat de prélèvement SEPA comportant une RUM, votre ICS, l'IBAN du débiteur et le texte sur ses droits.
- Faut-il faire signer un nouveau mandat à un client qui change de banque ?
- Non, le changement de banque du débiteur ne nécessite pas de nouveau mandat. Il vous communique son nouvel IBAN et vous signalez la modification dans le fichier de prélèvement suivant. La RUM reste la même.